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SCM BNC : fiscalité, TVA, CFE et déclaration 2036 expliquées

La société civile de moyens (SCM) est fréquemment utilisée par les professions libérales pour mutualiser les charges d’exploitation : locaux, personnel, matériel, secrétariat. Pourtant, sur le plan fiscal, son fonctionnement reste souvent mal compris.

SCM et TVA, SCM et CFE, déclaration 2036, intégration dans la 2035… Les interrogations sont nombreuses, notamment lorsque plusieurs associés exercent sous le régime des bénéfices non commerciaux (BNC).

Contrairement à une idée reçue, la SCM n’exerce pas l’activité professionnelle des associés. Elle constitue uniquement un outil de mise en commun des moyens. Son traitement fiscal obéit à des règles spécifiques qui peuvent avoir un impact direct sur votre résultat imposable.

Dans cette page, nous détaillons le fonctionnement fiscal d’une SCM en BNC, les règles d’imposition chez les associés, l’assujettissement à la TVA, la CFE et les obligations déclaratives, notamment la déclaration 2036.

L’objectif : vous permettre de sécuriser votre organisation et d’éviter les erreurs fiscales qui peuvent coûter cher.

Qu’est-ce qu’une SCM en profession libérale ?

La société civile de moyens (SCM) est une structure juridique destinée aux professions libérales qui souhaitent mutualiser leurs charges sans exercer en commun leur activité.

Concrètement, une SCM permet de partager les moyens matériels nécessaires à l’exercice professionnel : locaux, secrétariat, personnel, matériel informatique, équipements spécialisés. Elle ne facture pas d’actes professionnels aux patients ou aux clients. Chaque associé conserve sa propre patientèle, sa responsabilité professionnelle et son indépendance.

La SCM n’a donc pas vocation à générer un bénéfice commercial. Elle répartit simplement entre les associés les dépenses engagées pour le fonctionnement commun.

Sur le plan juridique, la SCM possède la personnalité morale dès son immatriculation. Elle peut signer des contrats, embaucher du personnel et réaliser des investissements. En revanche, elle ne peut pas exercer l’activité libérale à la place des associés.

Sur le plan fiscal, la SCM est en principe une société de personnes. Son résultat est déterminé selon les règles des BNC lorsque ses associés relèvent eux-mêmes des bénéfices non commerciaux. Ce résultat est ensuite réparti entre les associés, chacun l’intégrant dans sa propre déclaration.

La SCM constitue donc un outil d’organisation et d’optimisation des charges, mais elle ne modifie ni le statut social ni l’imposition personnelle des professionnels libéraux.

SCM et TVA : dans quels cas la société est exonérée ?

La question de la TVA est centrale lorsqu’on crée une société civile de moyens. Par principe, une SCM est considérée comme assujettie à la TVA dès lors qu’elle fournit des prestations de services à ses associés.

En pratique, cela signifie que la refacturation des charges communes peut être soumise à la TVA au taux normal. Pourtant, dans de nombreuses situations, les SCM de professions libérales bénéficient d’une exonération.

Cette exonération est possible lorsque trois conditions sont réunies.

D’abord, les services rendus par la SCM doivent être exclusivement destinés à ses associés. Ensuite, les associés eux-mêmes doivent exercer une activité exonérée de TVA, ce qui est fréquent chez les professions médicales réglementées. Enfin, les sommes facturées doivent correspondre strictement au remboursement exact des dépenses engagées, sans marge ni profit.

Lorsque ces conditions sont respectées, la SCM peut être exonérée de TVA sur les services rendus aux associés.

En revanche, si la société facture des prestations à des tiers non associés, ou si les montants refacturés dépassent la quote-part réelle des charges, l’exonération peut être remise en cause. La TVA devient alors applicable.

Cette analyse est particulièrement importante lors d’un contrôle fiscal. Une mauvaise application des règles peut entraîner un redressement, avec rappel de TVA et pénalités.

Avant la création ou en cas d’évolution de l’activité, il est donc essentiel de vérifier la situation de la SCM au regard de la TVA, notamment si certains associés exercent une activité partiellement taxable.

CFE et SCM : qui doit payer la cotisation foncière ?

La société civile de moyens est en principe assujettie à la cotisation foncière des entreprises (CFE). Même si elle n’exerce pas directement l’activité professionnelle des associés, elle dispose de locaux et de moyens propres, ce qui suffit à caractériser une activité imposable à la CFE.

La CFE due par la SCM est calculée sur la valeur locative des locaux qu’elle utilise pour les besoins communs : salle d’attente, secrétariat, espaces partagés, bureaux mutualisés. Il s’agit des surfaces dont la société conserve la gestion et le contrôle.

Cependant, la situation ne s’arrête pas là.

Les associés peuvent également être redevables de la CFE à titre personnel pour les surfaces dont ils ont l’usage exclusif dans le cadre de leur activité individuelle. Dans ce cas, chaque professionnel est imposé sur la valeur locative de son propre espace de travail.

Il existe donc souvent une double logique :
– la SCM paie la CFE pour les parties communes,
– les associés paient la CFE pour leurs espaces privatifs.

Une mauvaise ventilation des surfaces peut entraîner une base d’imposition incorrecte, voire un redressement. Il est donc essentiel de bien distinguer les locaux communs et les locaux privatifs lors de la déclaration.

La CFE constitue un point de vigilance fréquent dans les SCM médicales ou paramédicales, notamment lorsque les locaux évoluent ou que de nouveaux associés intègrent la structure.

Déclaration 2036 de la SCM : comment fonctionne l’imposition chez les associés ?

La déclaration 2036 est l’obligation fiscale propre aux sociétés civiles de moyens relevant du régime des BNC. Elle permet de déterminer le résultat fiscal de la SCM et de le répartir entre les associés.

Il est essentiel de comprendre que la SCM n’est pas imposée en tant que telle à l’impôt sur le revenu. Elle détermine un résultat, mais ce sont les associés qui supportent l’imposition, chacun pour la quote-part correspondant à ses droits dans la société.

Le résultat de la SCM est calculé selon les règles des bénéfices non commerciaux lorsque tous les associés relèvent eux-mêmes des BNC. Il correspond à la différence entre les recettes encaissées par la société et les dépenses engagées pour le fonctionnement commun.

Les recettes sont en général constituées des sommes versées par les associés pour rembourser les charges communes. Ces montants ne doivent pas intégrer de marge. La SCM n’a pas vocation à générer un bénéfice commercial.

Une fois le résultat déterminé, il est réparti entre les associés selon la clé prévue dans les statuts. Chaque professionnel doit ensuite reporter sa quote-part sur sa propre déclaration 2035 s’il relève du régime de la déclaration contrôlée.

Pour les professionnels au régime micro-BNC, la quote-part du résultat de la SCM est déclarée séparément sur la déclaration complémentaire de revenus.

Une erreur fréquente consiste à confondre les sommes versées à la SCM avec des charges directement déductibles. En réalité, la déduction s’opère via l’intégration du résultat de la 2036 dans la déclaration individuelle.

La déclaration 2036 constitue donc une étape centrale dans la gestion fiscale d’une SCM. Une mauvaise répartition ou une erreur de calcul peut impacter directement le résultat imposable de chaque associé.

FAQ – SCM en profession libérale

Qu’est-ce qu’une SCM ?

Une société civile de moyens (SCM) est une structure permettant à des professions libérales de mutualiser leurs charges (locaux, personnel, matériel) sans exercer en commun leur activité.

Une SCM est-elle soumise à la TVA ?

En principe oui. Toutefois, elle peut être exonérée si elle facture uniquement ses associés, que ceux-ci exercent une activité exonérée et que les charges sont refacturées sans marge.

La SCM doit-elle payer la CFE ?

Oui. La SCM est redevable de la CFE pour les locaux communs qu’elle utilise. Les associés peuvent également être imposés à titre personnel pour leurs espaces privatifs.

Qu’est-ce que la déclaration 2036 ?

La déclaration 2036 est la déclaration fiscale propre à la SCM. Elle permet de déterminer le résultat de la société et de le répartir entre les associés.

Comment est imposé le résultat d’une SCM ?

La SCM n’est pas imposée directement à l’impôt sur le revenu. Le résultat est réparti entre les associés, qui l’intègrent dans leur propre déclaration fiscale (2035 ou 2042 C PRO).

Une SCM peut-elle exercer l’activité professionnelle ?

Non. La SCM ne peut pas exercer l’activité libérale. Chaque associé conserve sa propre clientèle et sa responsabilité professionnelle.

Conclusion : faut-il créer une SCM en profession libérale ?

La société civile de moyens constitue un outil pertinent pour les professions libérales souhaitant mutualiser leurs charges sans perdre leur indépendance. Elle permet d’optimiser l’organisation matérielle, de partager les coûts fixes et de structurer un exercice en commun plus fluide.

Sur le plan fiscal, la SCM reste toutefois une structure technique. TVA, CFE, déclaration 2036, intégration dans la 2035… chaque étape doit être maîtrisée pour éviter les erreurs. Une mauvaise application des règles peut entraîner des conséquences directes sur le résultat imposable des associés.

La SCM n’est ni une structure d’optimisation agressive, ni un simple outil administratif. C’est un cadre juridique précis qui nécessite une organisation rigoureuse et une répartition claire des charges.

Avant de créer ou de modifier une SCM, il est donc essentiel d’analyser :

  • la situation TVA des associés
  • l’impact sur la CFE
  • le mode de répartition des charges
  • les conséquences fiscales individuelles

Bien utilisée, la SCM peut sécuriser l’organisation d’un cabinet et rationaliser les coûts. Mal structurée, elle peut devenir source de complexité fiscale.

L’enjeu n’est pas seulement de mutualiser des moyens, mais de le faire dans un cadre fiscal sécurisé et cohérent avec votre situation BNC.

Thibaut Frontori

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Thibaut Frontori

Fondateur du Forum des Professions Libérales

Expert Fiscalité BNC

FDPL Group

Fondateur du Forum des Professions Libérales, je m’appuie sur plus de 12 ans d’expérience dans l’analyse de la fiscalité des professions libérales. Au cours de ma carrière, j’ai étudié près de 20 000 déclarations 2035, ce qui m’a permis d’acquérir une solide expertise en fiscalité BNC, comptabilité et optimisation des charges.

Aujourd’hui, je partage cette expérience à travers des guides, comparatifs et réponses pratiques, rédigés à partir de mon expérience de terrain et de sources officielles telles que le BOFiP, impots.gouv.fr et l’URSSAF. Mon objectif est de fournir une information claire, fiable et régulièrement mise à jour pour accompagner les professionnels libéraux dans la gestion de leur activité.

LinkedIn : Thibaut Frontori

Sources utilisées : BOFiP • impots.gouv.fr • URSSAF • Bulletin officiel de la Sécurité sociale • jurisprudence fiscale

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Cet article a été rédigé par Thibaut Frontori, conformément à la politique éditoriale du Forum des Professions Libérales.

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