
D’après le rapport de l’ONCD (Ordre National des Chirurgiens-Dentistes), 45 361 dentistes exerçaient en 2021, dont 84,27% en profession libérale. Si vous êtes chirurgien-dentiste ou vous destinez à le devenir, et souhaitez vous installer en tant que dentiste libéral comme la majorité de vos confrères, voici tout ce qu’il faut savoir. Qui peut exercer, quelles sont les démarches, quel est le salaire d’un dentiste libéral, etc.
Qui peut exercer comme dentiste libéral
Pour exercer comme dentiste libéral en France, il faut être titulaire d’un diplôme d’État (DE) de docteur en chirurgie dentaire. Celui-ci s’obtient après 6 ans d’études post-bac. Si vous souhaitez vous spécialiser, 8 ou 9 ans d’études seront alors nécessaires.
Il est possible de réaliser vos études en chirurgie dentaire dans l’une des universités qui proposent ce cursus, soit une quinzaine sur toute la France. Vous y accéderez après l’un des deux parcours existants : le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) ou la LAS (Licence option Accès Santé). Votre DE de docteur en chirurgie dentaire sera effectif lorsque vous aurez validé les différents enseignements, ainsi que vos stages, et après avoir soutenu votre thèse d’exercice.
Les démarches à faire pour devenir dentiste libéral
Pour s’installer comme dentiste libéral, 4 principales étapes sont nécessaires.
La première consiste à vous inscrire à l’Ordre des chirurgiens-dentistes. Il s’agit d’une obligation légale avant de pouvoir exercer. Pour cela, il suffit de prendre contact avec le Conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes de votre lieu d’exercice, qui vous indiquera toutes les pièces justificatives à fournir. Une fois les démarches effectuées, vous recevrez votre carte de professionnel de santé (CPS).
La deuxième étape est de vous enregistrer auprès de l’Assurance Maladie en contactant par téléphone la caisse de votre lieu d’exercice. Vous serez reçu par un conseiller auquel vous devrez fournir certains documents. Il procédera ensuite à votre affiliation au régime d’assurance maladie des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés.
Troisième étape pour exercer en tant que dentiste libéral : adhérer à la CARCDSF (Caisse Autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes). Une démarche obligatoire pour tous les chirurgiens-dentistes, même si vous exercez en libéral à temps partiel.
Enfin, il ne vous reste plus qu’à souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle. Celle-ci est en effet obligatoire pour tous les professionnels de santé exerçant en libéral.
Compléter vos démarches pour exercer en profession libérale
En plus de ces démarches obligatoires pour travailler comme dentiste libéral, nous vous conseillons également d’effectuer quelques autres actions complémentaires. Parmi celles-ci, le fait de compléter les garanties de la CARCDSF qui, en matière de retraite et de prévoyance, sont assez minimes. Pour cela, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un des assureurs de notre réseau de partenaires afin de bénéficier de conseils personnalisés.
Pensez également à mettre en place un lecteur de carte vitale, indispensable pour l’accueil de vos futurs patients.
Il est également nécessaire d’ouvrir un compte en banque professionnel, qui sera utilisé pour toutes les dépenses et recettes en rapport avec votre exercice. Ce dernier peut être ouvert dans la banque de votre choix.

Combien coûte une installation en tant que dentiste libéral ?
S’installer en tant que dentiste libéral représente un certain coût. Les dépenses à prévoir sont en effet celles concernant l’aménagement d’un local, l’achat de votre matériel professionnel, mais également vos frais d’enregistrement divers. Il est donc impératif d’effectuer un prévisionnel d’activité.
Pour avoir un ordre d’idée, l’achat du matériel de base pour l’aménagement de votre cabinet peut se chiffrer à environ 30 000€. La même somme est à prévoir pour le matériel indispensable à votre activité : outils, radiographie, stérilisation, etc. Au total, le coût de création d’un cabinet dentaire oscille en moyenne de 100 000€ à 200 000€.
Pour financer ces sommes importantes, il est possible de faire appel à des investisseurs privés, de solliciter l’aide de votre banque et de demander des solutions de financements. Enfin, sachez également qu’il existe des aides publiques, telles que des subventions et des allègements de charges sociales et d’impôts, suivant votre lieu d’installation et votre projet.
Où s’installer en tant que dentiste libéral ?
En théorie, il est possible d’installer votre activité de dentiste libéral où vous le souhaitez en France. Mais en pratique, il existe quelques restrictions à connaître et à respecter.
Ainsi, l’Article R. 4127-278 du code de déontologie dentaire précise par exemple que “Le chirurgien-dentiste ou toute société d’exercice en commun, quelle que soit sa forme, ne doit pas s’installer dans l’immeuble où exerce un confrère sans l’agrément de celui-ci ou, à défaut, sans l’autorisation du conseil départemental de l’ordre.”
Trouver du matériel professionnel pour dentiste
En étant dentiste libéral, il est impératif de trouver des fournisseurs de matériel professionnel de confiance en ce qui concerne vos vêtements, votre matériel lié à l’hygiène (désinfection et stérilisation, entretien des instruments, nettoyage des surfaces, nettoyage des mains…), votre instrumentation, votre matériel professionnel (fauteuil de dentiste, bistouri, polisseur, détartreur…), vos accessoires et consommables (prothèses dentaires…), votre éclairage, etc.
Pour cela, n’hésitez pas à faire des recherches sur les différents fournisseurs existants, mais également sur les retours de vos confrères dentistes. Ne prenez pas forcément les tarifs affichés comme facteur déterminant et privilégiez plutôt la qualité. Optez pour des marques réputées et surtout, n’achetez que le matériel indispensable à votre activité professionnelle.

Quel est le salaire d’un dentiste libéral ?
Selon les chiffres 2022 du ministère de la Santé et de la Prévention, le salaire d’un dentiste libéral est en moyenne de 11 000€ net. Une somme à nuancer selon les honoraires pratiqués, mais aussi le temps travaillé (nombre de jours ouvrés, nombre de consultations journalières…). La rémunération des dentistes libéraux est par ailleurs soumise à des charges, des cotisations et des impôts qui peuvent aller jusqu’à 60% des sommes facturées.
Les dentistes libéraux ayant un meilleur salaire sont globalement ceux exerçant dans les grandes villes, disposant d’une certaine ancienneté ou encore ayant des spécialisations recherchées, comme l’orthodontie par exemple.
Se lancer en tant que dentiste libéral
Il est possible d’être dentiste libéral de plusieurs façons, notamment en créant votre propre cabinet dentaire, en reprenant le cabinet d’un confrère ou bien en optant pour la collaboration libérale. Tour d’horizon des particularités de ces trois options.
Créer son cabinet dentaire
En créant votre propre cabinet dentaire, vous profitez d’une grande indépendance ainsi que d’une liberté totale. Vous pouvez aménager les locaux selon vos souhaits et vous installer globalement où bon vous semble. En revanche, cette option demande un gros investissement financier de départ. Le démarrage de votre activité de dentiste libéral peut également être plus lent, car vous débutez sans patientèle, qu’il faudra créer avec le temps
Reprendre le cabinet d’un dentiste libéral
Pour éviter les inconvénients d’une création de cabinet dentaire, vous pouvez aussi faire le choix de reprendre le cabinet d’un confrère qui s’en va. Cette option vous permet de démarrer rapidement votre activité, en reprenant la patientèle déjà existante. En revanche, cela reste une solution coûteuse puisque le prix de cession d’un cabinet est souvent élevé. De plus, il faudra peut-être prévoir des travaux pour réaménager les locaux.

Être dentiste en collaboration libérale
Opter pour une activité de dentiste en collaboration libérale est un bon compromis si vous avez peur de vous sentir seul. Dans ce cas de figure, vous êtes en effet lié au propriétaire du cabinet dentaire, ou à la société d’exercice, mais vous exercez votre activité de façon indépendante et non subordonnée. Dans certains cas, lorsqu’il n’existe pas de contrat spécifique avec le titulaire des locaux, les patients prennent directement rendez-vous avec vous, et vous constituez ainsi votre propre patientèle.
Lorsqu’un contrat existe, ce dernier vous engage à soigner les patients qui vous seront présentés par le titulaire et détermine de façon précise un certain nombre d’éléments comme la durée du contrat, la rémunération prévue, les conditions d’exercice, les modalités de rupture, etc.
Dentiste libéral : trouver un remplaçant
Si vous arrêtez de façon momentanée votre activité de chirurgien-dentiste, il est possible et même recommandé de trouver un remplaçant. Celui doit obligatoirement être inscrit à l’Ordre des chirurgiens-dentistes ou être un étudiant en chirurgie dentaire.
Pensez bien à informer de façon immédiate le président du conseil départemental de ce remplacement et établissez un contrat écrit, même en cas de remplacement de courte durée.
Choisir le bon comptable pour votre activité de dentiste libéral
En tant que dentiste libéral, vous exercez une profession libérale réglementée. Vous êtes donc tenu à un certain niveau de comptabilité, qui dépend de votre régime fiscal, mais également de votre statut (EI, société…). Vous n’avez en revanche aucune obligation d’être accompagné par un expert-comptable. Toutefois, ce choix peut être judicieux, notamment si vous n’êtes pas familier avec la comptabilité ou que vous manquez de temps pour tenir cette dernière à jour.
En plus de cette mission, votre expert-comptable peut établir votre liasse fiscale, se charger de votre déclaration d’impôt, de réaliser les bulletins de paie de vos éventuels salariés (secrétaire, assistants…) ou encore vous conseiller concernant l’optimisation de votre fiscalité. Si vous souhaitez limiter les dépenses, il est également possible d’opter pour un entre-deux, en choisissant un comptable en ligne.
Pourquoi faire confiance à cet article ?
Thibaut Frontori
Fondateur du Forum des Professions Libérales
FDPL Group
Fondateur du Forum des Professions Libérales, je m’appuie sur plus de 12 ans d’expérience dans l’analyse de la fiscalité des professions libérales. Au cours de ma carrière, j’ai étudié près de 20 000 déclarations 2035, ce qui m’a permis d’acquérir une solide expertise en fiscalité BNC, comptabilité et optimisation des charges.
Aujourd’hui, je partage cette expérience à travers des guides, comparatifs et réponses pratiques, rédigés à partir de mon expérience de terrain et de sources officielles telles que le BOFiP, impots.gouv.fr et l’URSSAF. Mon objectif est de fournir une information claire, fiable et régulièrement mise à jour pour accompagner les professionnels libéraux dans la gestion de leur activité.
LinkedIn : Thibaut Frontori
Sources utilisées : BOFiP • impots.gouv.fr • URSSAF • Bulletin officiel de la Sécurité sociale • jurisprudence fiscale
Cet article a été rédigé par Thibaut Frontori, conformément à la politique éditoriale du Forum des Professions Libérales.