Véhicules électriques : les frais déductibles du revenu professionnel.

Les règles fiscales applicables aux véhicules électriques des professionnels libéraux sont, dans les grandes lignes, similaires aux règles applicables aux autres véhicules (thermique ou hybride).

Pour une étude d’ensemble des frais de véhicule, il convient de se reporter à notre article « Les frais de véhicules des BNC : IK et frais réels ».

Nous nous concentrons, dans ce nouvel article, sur les spécificités propres aux véhicules électriques en matière de charges déductibles.

Nous précisons, pour chacune de ces spécificités, le mode de déduction concerné : indemnités kilométriques ou frais réels.

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Indemnités kilométriques : majoration de 20% du barème.

Le montant du barème BNC est majoré de 20% pour les véhicules électriques : voitures et deux roues électriques supérieures à 50cm³. Seuls les véhicules 100% électriques sont concernés. Les voitures hybrides ou hybrides rechargeables ne bénéficient donc pas de cette majoration.

Les indemnités kilométriques couvrent les frais suivants :

  • Amortissement (si propriétaire) ou loyer (si locataire) du véhicule,
  • Entretien et réparations courantes,
  • Location de la batterie,
  • Fourniture d’électricité pour la recharge de la batterie,
  • Pneumatique,
  • Assurances.

Ces frais sont donc inclus dans le barème forfaitaire et ne peuvent donner lieu à une déduction complémentaire pour leur montant réel.

Frais réels : plafond d’amortissement de 30000 €.

Les voitures dont le taux d’émission de CO2 est inférieur à 20g/km bénéfice d’un plafond d’amortissement égal à 30000 € (contre 20300 €, 18300 € ou 9900 € pour les autres véhicules).

Les voitures électriques bénéficient de ce plafond d’amortissement plus avantageux.

Le montant de la dotation aux amortissements déductibles annuellement pourra donc être plus élevé pour un véhicule électrique (maximum déductible sur la durée d’amortissement = 30000 € ) que pour un véhicule thermique ou hybride (maximum déductible = 20300 €, 18300 € ou 9900 € en fonction du taux d’émission de CO2).


Frais réels : possible distinction entre l’amortissement du véhicule et de la batterie.

L’Administration fiscale précise (§ 35 du BOI-BIC-AMT-20-40-50) que les batteries de véhicules électriques qui ont fait l’objet d’une facturation séparée ou d’une mention distincte qui permet de les identifier lors de l’acquisition de véhicules ne sont pas pris en compte pour l’application du plafond de 30000 €. Seul l’amortissement concernant le coût du véhicule lui-même est limité.

Dans ce cas, la valeur de la batterie du véhicule électrique peut faire l’objet d’un amortissement distinct et sans plafonnement.

Frais réels : détermination du coût de la consommation électrique.

Le professionnel qui recharge son véhicule électrique professionnel à son domicile peut déduire le coût de la consommation en électricité.

Il devra déterminer le coût de la consommation en électricité à partir des données de consommation en kWh/100km du véhicule, du nombre de kilomètre parcourus à titre professionnel et du tarif d’1 kWh d’électricité.

Exemple : 17000 kms parcourus à titre professionnel. Donnée de consommation du véhicule = 15 kWh/100 kms. Tarif 1 kWh = 0,16 €.

La consommation pour la recharge du véhicule est donc de 2550 kWh (17000 x 15/100). Le prix de la consommation pour la recharge du véhicule est alors de 408 € (2550 x 0,16).

S’agissant des recharges sur les bornes publiques, la question ne se pose pas puisque le professionnel aura une facture ou un justificatif de paiement à conserver dans sa comptabilité.

Frais réels : récupération de la TVA ? (pour les professionnels assujettis…)

Qu’il soit thermique ou électrique, dès lors que le véhicule est conçu pour le transport des personnes (véhicules de tourisme), la TVA acquittée par le professionnel lors de l’acquisition n’est pas admise en déduction. Et s’il prend le véhicule en location, la TVA payée à raison des loyers ne serait pas récupérable non plus.

Les frais d’entretiens et de réparations suivent le même régime.

Par contre, la TVA sur l’électricité consommée est récupérable à 100 %, contrairement à la TVA sur l’essence ou le gazole, déductibles qu’à hauteur de 80 % en 2021.

Frais réels ou indemnités kilométriques : Imposition du bonus écologique.

Lorsque le véhicule électrique est inscrit en immobilisation (ce qui est rarement avantageux en cas d’option pour les IK : cf. notre paragraphe consacré à ce point) , le bonus écologique perçu est imposable sur la déclaration n°2035 au poste « Gains divers ». Le montant imposable est à minorer de la quote-part personnelle si le véhicule est à usage mixte (professionnel et personnel).

Sur option, son imposition peut être étalée au même rythme que l’amortissement effectué pour le véhicule électrique.

Ces points sont précisés au §530 du BOI-BNC-BASE-20-20.

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